Les Romains vinifiaient, stockaient et transportaient le vin dans des amphores en terre cuite. C’est un matériel poreux, étanche pour les liquides mais pas complètement pour l’air qui donc entre en contact avec le vin. Afin de rester stables, les vins devaient être soit macérés, soit doux (ou les deux).
Les Géorgiens on fait environ 10 000 millésimes dans des amphores en terre cuite enterrées. Seule l’ouverture du goulot reste au niveau du sol, par laquelle le raisin est introduit à l’intérieur. Cette amphore s’appelle qvervri. Le fait que le jus soit fermenté dans un qvevri enterré limite son oxydation à son minimum. Le vin peut alors être macéré et préservé presque infiniment.
Contrairement aux Italiens ou aux Slovènes qui macèrent leur vin orange entre quelques jours et quelques semaines, le vin dans le qvevri est macéré pendant plus d’un an. Evidemment, sa structure et le bouquet aromatique sera très différent, et cela d'autant plus que les cépages géorgiens autochtones sont plus anciens que les européens.
Pendant la période soviétique géorgienne, ce patrimoine culturel et gastronomique a failli être complètement anéanti. Les Bolcheviks stockaient le pétrole de la mer Caspienne dans les qvevris centenaires. Ils ont aussi créé un monopole de production du vin géorgien, Tbilvino, dont la production allait jusqu'à 18 millions bouteilles par an sur 150 000 ha (soit environ la production du Bordeaux) contre 4 millions sur 36 000 ha aujourd’hui, dont 60% est encore consommé en Russie. Les principales régions de production sont à l’est du pays, dans la vallée de Alazani et dans la région de Kindzmarauli (d'où vient le vin préféré de Staline, né en Géorgie de l'est). Ces deux régions produisent des vins moelleux, faciles à boire, mais sans grand intérêt.
Après 2000, l’ouverture du pays et l’intérêt croissant de la part de l’Occident ont contribué à la restauration de la culture du vin orange. Bien qu'on puisse le trouver dans tout le pays, les volumes de production sont très faibles et et il est plutôt destiné à la consommation du foyer. Les vins les plus connus viennent de la région Kakheti à l’est et Imereti à l’ouest du pays. La Géorgie a adopté une législation pour les vins fait dans le qvevri, dont les étiquettes des bouteilles comportent le symbole de l’amphore, facile donc à reconnaître pour ceux qui ne connaissent pas l’alphabet géorgien ! Les cépages blancs principaux utilisés pour ce type de vin sont le mtsvane, le kisi et le rkatsiteli.